Prenant la parole le 25 mai 2026, à l'occasion du 63e anniversaire de l'Organisation de l'Unité Africaine, João Lourenço a défini la réforme institutionnelle et le financement durable comme des « priorités stratégiques » qui détermineront si l'UA peut agir en tant qu'acteur crédible et souverain dans les années à venir.
Lourenço s'est adressé à une réunion virtuelle du Comité ad hoc de l'Union africaine sur les réformes institutionnelles. Il a utilisé cette tribune pour soutenir la mise en œuvre d'une décision de l'Assemblée de l'UA portant sur la restructuration institutionnelle et les modifications du financement, visant à améliorer l'efficacité de l'Union. Cette décision ancre la prochaine phase de restructuration et est considérée comme une tâche stratégique fondamentale pour les États membres.
Il a lié le processus de réforme à un examen des effectifs en cours au sein de l'UA, qui vise à aligner les ressources humaines, les compétences et les structures sur les priorités réelles. Les progrès accomplis en ce sens témoignent, selon lui, d'un engagement collectif à améliorer l'efficacité administrative, la méritocratie et la capacité opérationnelle. Pour les investisseurs et les partenaires au développement, cela signale une UA qui s'efforce au moins de faire correspondre sa bureaucratie à ses ambitions déclarées.
Cependant, Lourenço a été explicite sur un écart structurel persistant. Dans ses remarques, il a averti que les mandats et les structures de l'UA continuent de s'élargir tandis que les ressources fondamentales restent contraintes. Il a mis en garde contre le risque qu'une « organisation excessivement dispersée, aux structures en expansion continue » érode les réformes en cours. Ce message reflète une préoccupation croissante à Addis-Abeba et dans les capitales clés : une réforme de la gouvernance sans discipline de financement ne produira pas de meilleurs résultats en matière d'opérations de paix, de médiation ou d'infrastructures transfrontalières.
Lourenço a soutenu que l'Union doit rester concentrée sur son mandat fondamental : paix et sécurité, développement économique et social, et intégration régionale. Cela implique une hiérarchisation plus stricte des agendas politiques, des calendriers de réunions allégés, et une volonté de rationaliser, de réévaluer, voire de suspendre les structures de l'UA dont les activités ne correspondent plus aux priorités essentielles ou à la capacité financière de l'Union.
Le président angolais a été le plus direct sur la question du financement, qualifiant les arrangements actuels de vulnérabilité stratégique. Une part substantielle des programmes et projets de l'UA dépend encore de partenaires extérieurs, tandis que les contributions des États membres couvrent principalement les frais administratifs. Pour certaines initiatives, le financement externe dépasse les ressources ordinaires propres de l'UA, soulevant des questions claires sur l'autonomie et le pouvoir de définir l'agenda.
Lourenço a souligné que les partenariats internationaux restent importants, mais il a précisé que les priorités des partenaires ne s'alignent pas toujours sur les intérêts stratégiques de l'UA. Cette nuance est importante pour les investisseurs : la coopération avec les partenaires traditionnels et émergents se poursuivra, mais la pression politique pour rééquilibrer le mix de financement s'intensifie. Il faut s'attendre à davantage d'accent sur les facilités et instruments pilotés par l'Afrique, avec un examen plus approfondi de la manière dont les fonds externes façonnent la programmation continentale.
L'Angola soutient désormais une accélération de la consolidation de l'autonomie financière de l'UA et du renforcement des mécanismes africains de financement durable. Lourenço a mis en avant les travaux en cours au sein du F15 — le comité de quinze ministres des finances de l'UA traitant des questions budgétaires et financières — et a évoqué les préparatifs d'une éventuelle session extraordinaire conjointe des ministres des affaires étrangères et des finances. Il a appelé à une plus grande discipline budgétaire, à une rationalisation des dépenses et à un alignement plus étroit entre les ressources et les priorités stratégiques.
Pour les investisseurs institutionnels, ce débat sur le financement de la réforme de l'UA est plus qu'une question de gouvernance interne. Une UA plus disciplinée et financièrement autonome est mieux placée pour ancrer les cadres régionaux de gestion des risques, soutenir les projets d'infrastructures transfrontalières et apporter un soutien politique aux initiatives continentales telles que l'intégration commerciale et les plateformes de financement climatique.
Si les États membres maintiennent l'élan sur les décisions de réforme institutionnelle, font avancer le processus d'examen des effectifs et s'accordent sur des engagements de financement plus clairs, la capacité de l'UA à garantir l'intégration et la stabilité à long terme pourrait se renforcer — et avec elle, la qualité de l'environnement politique dans lequel les investissements africains sont réalisés.
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