L’Union européenne a approuvé son 20e paquet de sanctions contre la Russie, et cette fois le secteur de la cryptographie n’est plus à la limite des mesures. C’est directement en eux.
Le nouveau paquet, adopté le 23 avril, comprend des interdictions de transactions sur 20 banques russes et cible également quatre institutions financières de pays tiers accusées d’avoir contribué à contourner les restrictions de l’UE ou de se connecter au réseau de messagerie bancaire national russe. En parallèle, le bloc a accru la pression sur les infrastructures financières alternatives de Moscou, y compris les rails cryptographiques.
Bruxelles passe d’une cotation ciblée à une interdiction de cryptographie à l’échelle du secteur
Le changement le plus frappant est l’évolution de l’UE vers une interdiction sectorielle totale des fournisseurs et plateformes établis en Russie qui permettent le transfert ou l’échange de crypto-actifs. Il s’agit d’une escalade significative par rapport aux précédentes séries de sanctions, qui avaient tendance à se concentrer sur des entités désignées ou sur des catégories d’activités plus restreintes. Dans le nouveau cadre, la restriction est plus large et plus structurelle.
Le paquet ajoute également de nouvelles interdictions sur le RUBx, un actif cryptographique lié au rouble, et interdit le soutien de l’UE au développement du rouble numérique, la monnaie numérique de la banque centrale de Russie. Les questions-réponses de la Commission européenne indiquent que le bloc interdit désormais l’utilisation du RUBx et du rouble numérique dans le cadre d’un effort plus large visant à fermer les canaux d’évasion des sanctions avant qu’elles ne s’étendent davantage.
Les liens A7A5 et Kirghize montrent comment les sanctions suivent de nouvelles voies de paiement
Les responsables de l’UE ont également souligné la dépendance croissante de la Russie à l’égard des crypto-monnaies pour les transactions internationales, à mesure que les voies financières conventionnelles se resserrent. Dans ce contexte, le bloc a désigné une entité kirghize exploitant une plate-forme sur laquelle sont négociés des volumes importants de stablecoin A7A5 soutenu par le gouvernement. Reuters a rapporté que ce paquet marque également la première utilisation de l’outil anti-contournement de l’UE contre les flux commerciaux liés au Kirghizistan.
Le message de Bruxelles est assez clair. Les solutions de contournement financier de la Russie évoluent et l’UE tente désormais de sanctionner non seulement les principaux canaux, mais également l’infrastructure cryptographique et les connecteurs transfrontaliers construits pour les remplacer.







