La dernière crise de DeFi a rouvert un vieux débat sous une nouvelle forme. Lorsque les créances irrécouvrables se propagent à travers les protocoles, qui doit y remédier et comment ?
Michael Egorov, le fondateur de Curve, tente de détourner le débat des dons et des plans de sauvetage d’urgence. Dans une nouvelle proposition, il suggère un modèle de redressement qui transformerait les créances en difficulté en un véhicule d’investissement négociable, permettant aux acteurs du marché d’intervenir en tant qu’investisseurs plutôt que de compter sur des capitaux de sauvetage ad hoc.
Egorov veut que les créances irrécouvrables soient traitées comme une opportunité d’investissement
Le discours est assez simple, même si les implications sont plus larges. Au lieu de demander aux protocoles, aux DAO ou aux baleines amies de boucher directement les trous, Egorov souhaite que les créances irrécouvrables soient regroupées dans quelque chose dans lequel les investisseurs peuvent acheter, dans l’attente d’une valeur de récupération future.
Il l’a décrit comme un mécanisme « qui n’est pas un don mais un véhicule d’investissement pour tous ceux qui y participent ». Cette formulation est importante. Il s’agit d’une tentative de recadrer la réponse à la crise dans DeFi d’une obligation morale à une incitation du marché.
Le cas de test proposé commencerait par le propre marché LlamaLend de Curve, qu’Egorov semble utiliser comme environnement pilote avant d’examiner si le modèle pourrait être étendu à d’autres situations de stress.
Le timing est déterminé par les retombées de KelpDAO
La proposition arrive à un moment où DeFi est déjà plongé dans un débat public sur la manière de gérer les conséquences de l’exploit KelpDAO. Cet incident a entraîné plusieurs protocoles dans des débats sur les déficits, les dénouements forcés, le soutien du trésor et la question de savoir si les sauvetages des écosystèmes se stabilisent ou masquent simplement des faiblesses structurelles.
Le modèle d’Egorov tente de proposer une troisième voie. Pas de liquidation pure, ni de plan de sauvetage non plus.
Si le mécanisme fonctionne, il pourrait donner à DeFi un moyen plus standardisé de gérer les positions en difficulté sans dépendre des appels publics à l’obtention de capitaux chaque fois qu’un protocole fait un trou dans le système. C’est en tout cas la théorie. La question la plus difficile est de savoir si les investisseurs voudront réellement s’exposer aux créances douteuses sur des marchés en difficulté, à moins que les prix ne soient suffisamment attractifs pour compenser le risque.
C’est là que la proposition cesse d’être philosophique et commence à être réelle. Dans DeFi, chaque modèle de récupération élégant est finalement confronté au même test : si quelqu’un est prêt à l’acheter.








